Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
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Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
Publié sur Rue89 (http://www.rue89.com)
Par Margaux Guignard
Created 07/23/2010 - 10:31
En partenariat avec Têtu [1]
Aucune chance que votre petite fille devienne lesbienne ? C'est ce que proposeraient des chercheurs américains. Une injection de stéroïde à la femme enceinte permettrait de sauver l'hétérosexualité de leur enfant.
Le débat fait rage aux Etats-Unis. L'expérimentation d'un traitement hormonal, censé prévenir l'homosexualité des petites filles, a débuté dans une clinique réputée de New York.
Au départ il s'agissait avant tout de prévenir « l'hyperplasie congénitale des surrénales » (HCS), une pathologie qui touche certaines fillettes (une sur 15 000) et entraîne voix grave, pilosité faciale ou encore formation d'un appareil génital « ambigu ». Pour prévenir cette pathologie, les médecins proposent donc aux femmes enceintes un traitement à base de stéroïdes pour réduire les taux excessifs d'androgène.
Seul petit bémol, certains commencent déjà à craindre un « remède miracle contre l'homosexualité » féminine. Le docteur New, participant aux recherches, a en effet évoqué « la masculinisation des jeux d'enfants, du métier choisi, des préférences dans l'adolescence et à l'âge adulte, l'absence de l'instinct maternel et l'orientation sexuelle ambiguë, chez les femmes atteintes de HCS ».
Etre lesbienne, une question d'hormones ?
Basé sur la vieille idée selon laquelle l'orientation sexuelle est définie par l'exposition in utero à des hormones, le discours des médecins semble donc limpide : les petites filles doivent devenir « bonnes mères » ! Fini donc le goût des petites voitures, le non-désir d'enfant, et surtout le lesbianisme !
De nombreuses voix se sont fait entendre contre cette étude, si bien que le recherches seraient au point mort. Toujours est-il qu'entre les expériences sud-coréennes effectuées sur des souris [2], et ces découvertes américaines, les lesbiennes pourraient bien être en voie de disparition dans les prochaines années !
En partenariat avec Têtu [1]
Livre : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être » [3]
Détecter un homo à vue de nez, c'est possible ? [4]
L'article dans son contexte original, sur Têtu.com [5]
URL source: http://www.rue89.com/2010/07/23/aux-etats-unis-un-traitement-hormonal-antilesbienne-inquiete-159654
Links:
[1] http://www.tetu.com/
[2] http://www.tetu.com/actualites/international/rendre-lesbienne-simple-comme-une-manipulation-genetique-17517#reactions_top
[3] http://www.rue89.com/rue69/2010/02/10/on-nait-homosexuel-on-ne-choisit-pas-de-letre-137668
[4] http://www.rue89.com/2009/12/11/detecter-un-homo-a-vue-de-nez-cest-possible-129556
[5] http://www.tetu.com/actualites/international/etats-unis-un-traitement-anti-fille-lesbienne-fait-polemique-17534
Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
Par Margaux Guignard
Created 07/23/2010 - 10:31
En partenariat avec Têtu [1]
Aucune chance que votre petite fille devienne lesbienne ? C'est ce que proposeraient des chercheurs américains. Une injection de stéroïde à la femme enceinte permettrait de sauver l'hétérosexualité de leur enfant.
Le débat fait rage aux Etats-Unis. L'expérimentation d'un traitement hormonal, censé prévenir l'homosexualité des petites filles, a débuté dans une clinique réputée de New York.
Au départ il s'agissait avant tout de prévenir « l'hyperplasie congénitale des surrénales » (HCS), une pathologie qui touche certaines fillettes (une sur 15 000) et entraîne voix grave, pilosité faciale ou encore formation d'un appareil génital « ambigu ». Pour prévenir cette pathologie, les médecins proposent donc aux femmes enceintes un traitement à base de stéroïdes pour réduire les taux excessifs d'androgène.
Seul petit bémol, certains commencent déjà à craindre un « remède miracle contre l'homosexualité » féminine. Le docteur New, participant aux recherches, a en effet évoqué « la masculinisation des jeux d'enfants, du métier choisi, des préférences dans l'adolescence et à l'âge adulte, l'absence de l'instinct maternel et l'orientation sexuelle ambiguë, chez les femmes atteintes de HCS ».
Etre lesbienne, une question d'hormones ?
Basé sur la vieille idée selon laquelle l'orientation sexuelle est définie par l'exposition in utero à des hormones, le discours des médecins semble donc limpide : les petites filles doivent devenir « bonnes mères » ! Fini donc le goût des petites voitures, le non-désir d'enfant, et surtout le lesbianisme !
De nombreuses voix se sont fait entendre contre cette étude, si bien que le recherches seraient au point mort. Toujours est-il qu'entre les expériences sud-coréennes effectuées sur des souris [2], et ces découvertes américaines, les lesbiennes pourraient bien être en voie de disparition dans les prochaines années !
En partenariat avec Têtu [1]
Livre : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être » [3]
Détecter un homo à vue de nez, c'est possible ? [4]
L'article dans son contexte original, sur Têtu.com [5]
URL source: http://www.rue89.com/2010/07/23/aux-etats-unis-un-traitement-hormonal-antilesbienne-inquiete-159654
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[1] http://www.tetu.com/
[2] http://www.tetu.com/actualites/international/rendre-lesbienne-simple-comme-une-manipulation-genetique-17517#reactions_top
[3] http://www.rue89.com/rue69/2010/02/10/on-nait-homosexuel-on-ne-choisit-pas-de-letre-137668
[4] http://www.rue89.com/2009/12/11/detecter-un-homo-a-vue-de-nez-cest-possible-129556
[5] http://www.tetu.com/actualites/international/etats-unis-un-traitement-anti-fille-lesbienne-fait-polemique-17534

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Re: Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
et moi du coup, je me demande si la connerie ne serait pas d'origine endocrinienne... 
Invité- Invité
Re: Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
C’est en effet une bonne question, bien posée !
Mais au-delà de l’humour, ce qui me semble en l’occurrence parfaitement effrayant dans cette nouvelle, c’est le côté « apprenti sorcier » de la chose. Le fait que des prétendus scientifiques et médecins s’arrogent le droit de modifier l’équilibre hormonal d’un individu, et cela, pire encore, in utero !
Et le pire du pire, c’est que cette manipulation soit faite au nom du droit à « soigner » un comportement affectif et sexuel jugé pathologique. C’est cette vision des choses qui a conduit à des monstruosités comme des traitements hormonaux (voir ce que nous disions d’Alan TURING qui, ne pouvant supporter les modifications de sa physiologie qu’on lui avait imposées, finit par se suicider), des électrochocs ou même des lobotomies. Les horreurs générées par la prétention à « soigner l’homosexualité » sont innombrables et terrifiantes, et les « traitements » psychiques inspirés par les thérapies comportementales (telles que pratiquées récemment encore par les « ex-gays » américains, où des suicides se sont aussi produits) ne sont pas nécessairement les moindres.
Ce qui condamne absolument cette pratique, on y revient, c’est évidemment qu’il n’est désormais plus question de voir dans toute forme d’homosexualité une forme quelconque de pathologie.
Voilà pourquoi, en 2007, au moment des élections législatives, je m’étais longuement et violemment élevé contre les propos de cette candidate de l’Istiqlal (au titre du quota féminin qui plus est !), Madame Malika ASSIMI, qui siège d’ailleurs maintenant au Parlement, et qui s’était permise de déclarer pendant sa campagne :
« L’homosexualité est une pathologie qu’il faut combattre, notre société la rejette, elle ne fait pas partie de nos traditions. »
Il s’agit bien sûr d’un tissu d’âneries, qui ne mériterait que le mépris, s’il ne contenait en germe la justification, par un personnage politique qui se trouve aussi être, de par sa fonction, une législatrice, d’une lutte médicalisée contre l’homosexualité considérée comme une pathologie.
Utiliser la notion, floue et éminemment contestable, de « tradition » pour justifier l’approche de l’homosexualité comme pathologie, est en fait monstrueux et scandaleux.
Il y a des mots qu’un personnage politique n’a pas le droit d’employer. Je répète que Madame ASSIMI doit toujours des excuses à des centaines de milliers de femmes et d’hommes marocains qu’elle a insultés.
Mais au-delà de l’humour, ce qui me semble en l’occurrence parfaitement effrayant dans cette nouvelle, c’est le côté « apprenti sorcier » de la chose. Le fait que des prétendus scientifiques et médecins s’arrogent le droit de modifier l’équilibre hormonal d’un individu, et cela, pire encore, in utero !
Et le pire du pire, c’est que cette manipulation soit faite au nom du droit à « soigner » un comportement affectif et sexuel jugé pathologique. C’est cette vision des choses qui a conduit à des monstruosités comme des traitements hormonaux (voir ce que nous disions d’Alan TURING qui, ne pouvant supporter les modifications de sa physiologie qu’on lui avait imposées, finit par se suicider), des électrochocs ou même des lobotomies. Les horreurs générées par la prétention à « soigner l’homosexualité » sont innombrables et terrifiantes, et les « traitements » psychiques inspirés par les thérapies comportementales (telles que pratiquées récemment encore par les « ex-gays » américains, où des suicides se sont aussi produits) ne sont pas nécessairement les moindres.
Ce qui condamne absolument cette pratique, on y revient, c’est évidemment qu’il n’est désormais plus question de voir dans toute forme d’homosexualité une forme quelconque de pathologie.
Voilà pourquoi, en 2007, au moment des élections législatives, je m’étais longuement et violemment élevé contre les propos de cette candidate de l’Istiqlal (au titre du quota féminin qui plus est !), Madame Malika ASSIMI, qui siège d’ailleurs maintenant au Parlement, et qui s’était permise de déclarer pendant sa campagne :
« L’homosexualité est une pathologie qu’il faut combattre, notre société la rejette, elle ne fait pas partie de nos traditions. »
Il s’agit bien sûr d’un tissu d’âneries, qui ne mériterait que le mépris, s’il ne contenait en germe la justification, par un personnage politique qui se trouve aussi être, de par sa fonction, une législatrice, d’une lutte médicalisée contre l’homosexualité considérée comme une pathologie.
Utiliser la notion, floue et éminemment contestable, de « tradition » pour justifier l’approche de l’homosexualité comme pathologie, est en fait monstrueux et scandaleux.
Il y a des mots qu’un personnage politique n’a pas le droit d’employer. Je répète que Madame ASSIMI doit toujours des excuses à des centaines de milliers de femmes et d’hommes marocains qu’elle a insultés.

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Re: Aux Etats-Unis, un traitement hormonal antilesbienne inquiète
ça me rappelle le film "bienvenue à Gattaca" où l'on sélectionne les embryons n'ayant aucune tare génétique et risques ou prédispositions aux maladies afin de rendre les gens parfaits, suivant des critères bien définis par une société eugéniste...
Mais là, ça tient du délire et qui plus est, c'est pire que la quadrature du cercle. On voudrait faire rentrer un rond dans un carré en démontrant "scientifiquement" au préalable que l'homosexualité féminine est d'abord d'essence hormonale. Je pendrais bien ces endocrinos en carton par les pieds pour leur rappeler les lois de la gravitation... On sait aussi et démontré que le behaviorisme (comportementalisme qui tend à s'imposer comme norme dominante en psychologie) et ses réponses émanent d'une philosophie qui sert surtout l'extrémisme, à commencer par celui des ultra chrétiens conservateurs.
J'ai revu "Harvey Milk" récemment et ce dernier en son temps se battait déjà contre l'idée de l'homosexualité comme étant une pathologie.
Je rappelle au passage que l'homosexualité n'a été retiré de la liste des pathologies mentales à l'OMS que depuis peu, ce qui explique la grande étanchéité d'esprit de nombre de détracteurs et pourfendeurs de LGBT...
Mais là, ça tient du délire et qui plus est, c'est pire que la quadrature du cercle. On voudrait faire rentrer un rond dans un carré en démontrant "scientifiquement" au préalable que l'homosexualité féminine est d'abord d'essence hormonale. Je pendrais bien ces endocrinos en carton par les pieds pour leur rappeler les lois de la gravitation... On sait aussi et démontré que le behaviorisme (comportementalisme qui tend à s'imposer comme norme dominante en psychologie) et ses réponses émanent d'une philosophie qui sert surtout l'extrémisme, à commencer par celui des ultra chrétiens conservateurs.
J'ai revu "Harvey Milk" récemment et ce dernier en son temps se battait déjà contre l'idée de l'homosexualité comme étant une pathologie.
Je rappelle au passage que l'homosexualité n'a été retiré de la liste des pathologies mentales à l'OMS que depuis peu, ce qui explique la grande étanchéité d'esprit de nombre de détracteurs et pourfendeurs de LGBT...
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