LGBT Maroc
Bienvenu Visiteur !

Merci de vous identifier, le cas échéant, vous inscrire gratuitement et rejoindre la plus grande communauté LGBT (Lesbienne Gay Bi et Trans) Francophone Marocaine !

Nous attendons votre participation aux discussions sur les sujets qui nous/vous intéressent.

Au Cameroun, une avocate dénonce la répression de l'homosexualité

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Au Cameroun, une avocate dénonce la répression de l'homosexualité

Message par Evy le Mar 23 Mar - 11:08




Dans son boubou coloré, parée de bracelets, Alice Nkom a l'apparence d'une femme africaine traditionnelle. Mais dans son pays, cette avocate de 65 ans est une briseuse de tabou, engagée depuis sept ans dans la défense des homosexuels qui, au Cameroun, sont persécutés et passibles, selon le code pénal, de six à cinq ans d'emprisonnement.

Vendredi 12 mars, Alice Nkom était à Genève pour la présentation d'un documentaire dont elle est l'héroïne - Sortir du Nkuta ("Sortir du placard"), de Céline Metzger - projeté durant le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH).


"Chez nous, on dit que les homos sont moins que des chiens", s'insurge Mme Nkom qui, en plus de quarante ans de carrière, s'est imposée comme l'avocate des marginaux, militant aussi pour la prévention du sida auprès des adolescents. Au Cameroun, son combat pour la dépénalisation de l'homosexualité lui vaut des inimitiés et le surnom méprisant de "Mémé gouine".

"Je laisse planer le doute, car cela ne regarde personne !", réagit-elle, se décrivant comme une femme "engagée et décomplexée", mère de deux fils "biologiques" et de "nombreux autres enfants". C'est justement une "démarche de maman", raconte-t-elle, qui l'a poussée à s'engager dans la cause homosexuelle. En 2003, elle reçoit à Douala la visite de jeunes gays, amis de la famille, de retour après des études en France. "Je les ai mis en garde contre le fait de vivre au grand jour leur sexualité. J'ai évoqué les risques de chantage et persécution. Ils sont ressortis de chez moi accablés. Je me suis dit qu'il fallait agir", se souvient-elle. Quelques mois après, son association pour la défense des homosexuels (Adefho) voyait le jour.

Rafles et persécutions

Dans le film montré à Genève, les micros-trottoirs réalisés auprès de Camerounais font frémir. Une jeune fille dénonce une "pratique satanique" et assène que les "homosexuels devraient être pendus sur la voie publique". "Je sais que cela sort de l'Occident", estime un jeune homme, en référence à une légende qui veut que l'homosexualité ait été importée en Afrique au temps de la colonisation.

"Mais le tabou de l'homosexualité est d'abord entretenu par les religieux qui citent la Bible et évoquent Sodome et Gomorrhe", rétorque Alice Nkom. Elle, se place sur le seul terrain du droit, se battant pour que l'article 347bis pénalisant l'homosexualité selon une ordonnance présidentielle de 1972, soit déclaré illégal.

Au printemps 2005, l'avocate camerounaise a plaidé sa première affaire. A Yaoundé, 35 garçons avaient été raflés dans un prétendu bar gay. "Ceux qui ont pu verser des pots-de-vin ont été libérés. J'ai défendu les onze plus pauvres, dont un jeune de 15 ans." Après plus d'un an de détention préventive, elle obtenait que ses clients, régulièrement violés et maltraités, soient libérés. Deux étaient relaxés, deux acquittés et sept écopaient de huit mois de prison.

Durant le procès, le procureur, se présentant comme un fervent catholique, avait demandé un "examen des voies anales" pour prouver la culpabilité des prévenus. Alors qu'au même moment, une violente campagne homophobe se déclenchait dans le pays.

Et les rafles et persécutions d'homosexuels continuent. Depuis 2007, Mme Nkom a obtenu la relaxe d'une dizaine de gays présumés. Et elle se démène maintenant pour créer une association pour les parents d'homosexuels, un lieu où ils pourraient parler et "se décomplexer". La tâche est vaste, puisqu'à ce jour, seuls quatre jeunes osent travailler avec Alice Nkom à visage découvert.


Le Monde - Agathe Duparc - Article paru dans l'édition du 23.03.10[i]

Evy
Administrateur
Administrateur

Masculin
Age: 25
Nombre de messages: 541
Date d'inscription: 23/01/2006

http://www.lgbtmaroc.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Au Cameroun, une avocate dénonce la répression de l'homosexualité

Message par Evy le Mar 23 Mar - 19:21

je dois peut être me procurer également un "boubou coloré" pour que "le Monde" s'interesse à moi ben quoi je défends les homos aussi... lol

enfin plus sérieusement, je salue l'effort que cette bonne dame fournit pour secouer un peu l'esprit étroit de nos voisins homophobes sub-sahariens

Evy
Administrateur
Administrateur

Masculin
Age: 25
Nombre de messages: 541
Date d'inscription: 23/01/2006

http://www.lgbtmaroc.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum