l'INDONÉSIE tolère l'homosexualité, à l'exception d'Aceh
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l'INDONÉSIE tolère l'homosexualité, à l'exception d'Aceh

Bien que taboue, l'homosexualité est tolérée dans toute l'Indonésie, sauf dans certaines régions où s'applique un islam rigoriste.
Dans la province semi-autonome d'Aceh, dans le nord de Sumatra, la charia, adoptée en 2001, fait peser de lourdes sanctions sur les musulmans enfreignant les règles religieuses. Une police, créée pour faire respecter le nouveau code pénal islamique, traque les écarts de conduite : infidélité, jeux d'argent, consommation d'alcool, codes vestimentaires non conformes ou pratiques sexuelles déviantes. A Aceh, tout acte homosexuel est passible de huit ans de prison, de cent coups de bâton et d'une amende de 1 000 grammes d'or.
Cette "criminalisation" de l'homosexualité a été réprouvée par de nombreuses associations défendant les droits de l'homme. Dans un communiqué, diffusé en septembre 2009, Amnesty International estime notamment que "les autorités indonésiennes doivent abroger ces dispositions, en conformité avec le droit international et les normes relatives à l'intégrité physique et mentale, et à l'égalité devant la loi".
De son côté, le gouvernement a fait savoir que cette loi était contraire à la Constitution. La société indonésienne reste profondément attachée aux valeurs familiales et religieuses - 90 % de la population est musulmane -, mais la communauté gay espère que les mentalités vont évoluer.
Festival du film gay
C'est encore loin d'être le cas. Pour les y aider, plusieurs associations militent, depuis le début des années 1980, à Jakarta, pour une meilleure intégration des homosexuels dans la vie civile et religieuse. Elles les défendent aussi en cas de violences ou de discrimination. Preuve néanmoins d'un certain progrès, l'Indonésie a organisé sa première Marche des fiertés, en février 2004, à Surabaya, dans l'est de l'île de Java.
Par ailleurs, c'est à Jakarta que se tient, depuis huit ans, le plus grand festival asiatique du film gay. Durant l'été 2009, plus de 120 films y ont été présentés. "Certains n'aiment pas ces films, mais nous sommes là pour promouvoir la culture gay et encourager les gens à être plus ouverts d'esprit", avait déclaré à la presse John Badalu, le directeur du festival.
Article paru dans l'édition du journal Le Monde en ligne daté du 06.01.10
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