Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
kif kif - et plus particulièrement son président - s'est déjà permis un certain nombre de choses sur un forum, notamment de diffuser des infos incomplètes mais également d'accorder une interview à un journaliste de telquel sans nous en informer, mettant ainsi en péril plus de 350 membres inscrites, alors qu'il est bien installé tranquillement en Espagne.
Quelle solution apporter afin que cesse ces dérives de récupération qui desservent avant tout celles et ceux qui ont besoin et envie de s'exprimer sans risque?
Administration présente, modération attentive, création et renforcement de réseaux IRL, que sais-je encore...
Le mieux est peut être d'arrêter d'en parler
Quelle solution apporter afin que cesse ces dérives de récupération qui desservent avant tout celles et ceux qui ont besoin et envie de s'exprimer sans risque?
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ouzoud- Novice

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Ma Ville: Paris
Nombre de messages: 55
Date d'inscription: 22/07/2010
Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
De Youssef Ziraoui
Antécédents
1987. Voit le jour près de Nador.
2000. S’installe en Espagne.
2006. Etudie le journalisme à Madrid.
2007. Fait son coming out et rejoint Kif-Kif, une association de défense des LGBT créée en 2004.
2010. Lance Mithly, premier magazine homosexuel arabe.
Le PV
Samir Bargachi est né dans un petit village du Rif et a grandi dans un milieu “très conservateur”, comme il le qualifie. Autant dire qu’il lui a fallu beaucoup de courage pour faire son coming out et affronter les remontrances de sa famille. “Mes parents reçoivent régulièrement des coups de fil de personnes qui leur disent : ‘ Tu as vu ton fils ce qu’il fait, quelle honte’“, nous confie-t-il. Depuis le lancement de Mithly, Samir continue d’encaisser les coups en dessous de la ceinture. Mais, malgré son physique frêle et sa petite voix chantonnante, Bargachi ne baisse pas la garde, rend coup pour coup et multiplie les interviews. D’après l’outil statistique Google Trends, la recherche du mot “Mithly” à partir du Maroc a explosé ces trois derniers mois, depuis le lancement du magazine éponyme. Toujours sur Google, l’éditorialiste du mensuel totalise 13 300 liens. Bref, qu’on se le dise, Bargachi n’a pas fini de faire parler de lui.
Smyet bak ?
Mohamed Bargachi.
Smyet mok ?
Maghniya ben’t Chouaïb.
Nimirou d’la carte ?
Je préfère ne pas le donner…
La sortie de votre journal, Mithly, porte-voix de la cause gay arabe comme vous le proclamez, a provoqué une vive polémique. Votre réaction ?
La polémique était prévisible. Par contre, qu’est-ce que je n’ai pas entendu ! On a dit que j’étais financé par les sionistes, ou encore que j’étais de mèche avec le Polisario… Quel crédit voulez-vous donner à ce genre d’attaques ?
Votre mensuel est distribué à 200 exemplaires. Vous n’avez pas l’impression de prêcher dans le désert ?
C’est sûr que ce n’est pas suffisant, mais il y a moyen de le lire en le téléchargeant sur le Net. Nous avons comptabilisé un million de visites depuis avril, ce qui est encourageant pour la suite.
Combien de personnes travaillent pour Mithly ?
Environ dix collaborateurs, qui sont tous bénévoles.
Quels fonds avez-vous mobilisés pour financer votre journal ?
Ce sont les volontaires de Kif-Kif (ndlr, association de défense des LGBT - lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels - créée en 2004) qui mettent la main à la poche.
Avez-vous démarché des annonceurs ?
Non, pas encore. On voit mal une grande entreprise marocaine payer des encarts publicitaires dans notre magazine.
Pensez-vous que la cause gay a évolué ces dernières années ?
Oui, car les gays marocains ont aujourd’hui conscience d’appartenir à une communauté, une grande famille. Aujourd’hui, les homos ne vivent plus dans la peur.
Exemple ?
Lorsqu’ils se font arrêter par un policier qui leur demande s’ils sont homos, beaucoup de jeunes gays répondent : “Oui, où est le problème ?”. C’est une avancée significative. Et puis, la société civile nous défend de plus en plus, comme l’a fait l’AMDH (Association marocaine des droits de l’homme) récemment.
Quand avez-vous pris conscience de votre identité sexuelle ?
Vers l’âge de 15 ans. Au début, je me disais que c’était impossible, que ça n’arrivait qu’aux autres. Pendant longtemps, j’ai eu très peur d’affronter le regard des autres. J’ai consulté des
médecins en Espagne, qui m’ont aidé à assumer et à m’affirmer.
Comment s’est passé votre coming out ?
Ça a été une étape difficile de ma vie. Vers l’âge de dix-sept ans, j’ai digéré tout ça pour voir la réalité en face. J’ai rencontré d’autres gays venant de pays arabes, dont certains du Maroc. Du coup, je me sentais moins seul. Plus tard, je suis rentré dans l’activisme.
Le fait qu’une personnalité publique comme l’écrivain Abdellah Taïa ait fait son coming out vous a-t-il encouragé à assumer votre homosexualité ?
Oui, c’est sûr. J’ai lu tous les livres de Taïa quand j’avais 15 ans, c’est un exemple pour moi. J’apprécie l’écrivain et l’homme. Grâce à ses œuvres, j’ai compris qu’on pouvait être homo, arabe et marocain à la fois.
Votre livre de chevet en ce moment ?
C’est justement le tout nouveau livre de Abdellah Taïa, Le jour du roi (Seuil).
Vos parents en particulier, comment ont-ils réagi ?
Mon père a eu des mots durs envers moi, des mots que je ne répéterai pas. Il m’a dit qu’il fallait que je consulte des médecins, qu’il connaissait des gens qui étaient passés par là, mais qui aujourd’hui ont des enfants et une femme. Mes parents ont plus de 60 ans, je ne vais pas les changer.
Vous en parlez en famille ?
Non, on évite le sujet. On vit en bonne intelligence et, aujourd’hui, nos rapports sont presque normaux, bien que mon activisme continue de les déranger.
Vous habitez chez vos parents ?
Non, je n’habite plus avec eux. Je suis indépendant depuis quelques années déjà.
Pourriez-vous vivre au Maroc aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. Je suis marocain, je me sens bien quand je suis au bled. Je n’ai pas peur, je connais les avantages et les inconvénients de mon pays.
N’avez-vous jamais regretté de vous être lancé dans le militantisme gay ?
Jamais. Il m’arrive d’être triste, de ressasser pas mal de choses, mais j’en parle à mes amis, qui me remontent le moral. Ça me permet de ne pas péter les plombs.
Vous êtes fan de foot ?
Oui, j’aime beaucoup ça, j’ai usé mes chaussures quand j’étais à l’école en taquinant la balle.
Vous encouragez quelle équipe ?
L’Allemagne, parce que mon boyfriend est allemand.
Combien de membres compte Kif-Kif ?
Nous avons 3000 membres actifs au Maroc et 250 personnes qui payent leur cotisation.
Vous affirmez que le taux de suicide chez les gays est de 20% et que plus de 5000 homosexuels auraient purgé des peines de prison depuis l'indépendance du Maroc. D’où tenez-vous ces chiffres ?
Nous avons mené une étude auprès de 100 gays au Maroc, dans les grandes villes. C’est de là que nous avons tiré ces statistiques. Concernant le nombre d’homos interpellés depuis 1956, nous avons compilé des données d’ONG sérieuses.
Pourquoi utilisez-vous le terme mithly en arabe pour dire homo ?
Parce que, sinon, on dit “chad jinsi”, qui est un horrible jugement de valeur, comme si les homos étaient des moitiés d’homme.
La pire chose qui vous soit arrivée ?
Il y en a tellement, je ne sais pas par où commencer ! En fait, je vais vous raconter une des choses qui m’ont fait le plus de mal. C’était à Tanger, dans une boîte de nuit où les gays ont l’habitude de se retrouver. Un homme me fixait, je l’ai regardé pendant un moment. Soudain, il s’est approché de moi, m’a traité de tous les noms, puis m’a lancé : “Pourquoi tu me regardes comme ça, espèce de…”. Je vous épargne la suite. Tous mes amis étaient là, je me suis vraiment senti humilié.
La meilleure ?
Mon coming out. Car, auparavant, je menais une double vie. Mais ce jour-là, je me suis enfin débarrassé d’un poids, je me suis senti léger, libre, nouveau…
“Les homos ne vivent plus dans la peur”
Samir Bargachi,
fondateur du mensuel gay Mithly (DR)
Samir Bargachi,
fondateur du mensuel gay Mithly (DR)
Antécédents
1987. Voit le jour près de Nador.
2000. S’installe en Espagne.
2006. Etudie le journalisme à Madrid.
2007. Fait son coming out et rejoint Kif-Kif, une association de défense des LGBT créée en 2004.
2010. Lance Mithly, premier magazine homosexuel arabe.
Le PV
Samir Bargachi est né dans un petit village du Rif et a grandi dans un milieu “très conservateur”, comme il le qualifie. Autant dire qu’il lui a fallu beaucoup de courage pour faire son coming out et affronter les remontrances de sa famille. “Mes parents reçoivent régulièrement des coups de fil de personnes qui leur disent : ‘ Tu as vu ton fils ce qu’il fait, quelle honte’“, nous confie-t-il. Depuis le lancement de Mithly, Samir continue d’encaisser les coups en dessous de la ceinture. Mais, malgré son physique frêle et sa petite voix chantonnante, Bargachi ne baisse pas la garde, rend coup pour coup et multiplie les interviews. D’après l’outil statistique Google Trends, la recherche du mot “Mithly” à partir du Maroc a explosé ces trois derniers mois, depuis le lancement du magazine éponyme. Toujours sur Google, l’éditorialiste du mensuel totalise 13 300 liens. Bref, qu’on se le dise, Bargachi n’a pas fini de faire parler de lui.
Smyet bak ?
Mohamed Bargachi.
Smyet mok ?
Maghniya ben’t Chouaïb.
Nimirou d’la carte ?
Je préfère ne pas le donner…
La sortie de votre journal, Mithly, porte-voix de la cause gay arabe comme vous le proclamez, a provoqué une vive polémique. Votre réaction ?
La polémique était prévisible. Par contre, qu’est-ce que je n’ai pas entendu ! On a dit que j’étais financé par les sionistes, ou encore que j’étais de mèche avec le Polisario… Quel crédit voulez-vous donner à ce genre d’attaques ?
Votre mensuel est distribué à 200 exemplaires. Vous n’avez pas l’impression de prêcher dans le désert ?
C’est sûr que ce n’est pas suffisant, mais il y a moyen de le lire en le téléchargeant sur le Net. Nous avons comptabilisé un million de visites depuis avril, ce qui est encourageant pour la suite.
Combien de personnes travaillent pour Mithly ?
Environ dix collaborateurs, qui sont tous bénévoles.
Quels fonds avez-vous mobilisés pour financer votre journal ?
Ce sont les volontaires de Kif-Kif (ndlr, association de défense des LGBT - lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels - créée en 2004) qui mettent la main à la poche.
Avez-vous démarché des annonceurs ?
Non, pas encore. On voit mal une grande entreprise marocaine payer des encarts publicitaires dans notre magazine.
Pensez-vous que la cause gay a évolué ces dernières années ?
Oui, car les gays marocains ont aujourd’hui conscience d’appartenir à une communauté, une grande famille. Aujourd’hui, les homos ne vivent plus dans la peur.
Exemple ?
Lorsqu’ils se font arrêter par un policier qui leur demande s’ils sont homos, beaucoup de jeunes gays répondent : “Oui, où est le problème ?”. C’est une avancée significative. Et puis, la société civile nous défend de plus en plus, comme l’a fait l’AMDH (Association marocaine des droits de l’homme) récemment.
Quand avez-vous pris conscience de votre identité sexuelle ?
Vers l’âge de 15 ans. Au début, je me disais que c’était impossible, que ça n’arrivait qu’aux autres. Pendant longtemps, j’ai eu très peur d’affronter le regard des autres. J’ai consulté des
médecins en Espagne, qui m’ont aidé à assumer et à m’affirmer.
Comment s’est passé votre coming out ?
Ça a été une étape difficile de ma vie. Vers l’âge de dix-sept ans, j’ai digéré tout ça pour voir la réalité en face. J’ai rencontré d’autres gays venant de pays arabes, dont certains du Maroc. Du coup, je me sentais moins seul. Plus tard, je suis rentré dans l’activisme.
Le fait qu’une personnalité publique comme l’écrivain Abdellah Taïa ait fait son coming out vous a-t-il encouragé à assumer votre homosexualité ?
Oui, c’est sûr. J’ai lu tous les livres de Taïa quand j’avais 15 ans, c’est un exemple pour moi. J’apprécie l’écrivain et l’homme. Grâce à ses œuvres, j’ai compris qu’on pouvait être homo, arabe et marocain à la fois.
Votre livre de chevet en ce moment ?
C’est justement le tout nouveau livre de Abdellah Taïa, Le jour du roi (Seuil).
Vos parents en particulier, comment ont-ils réagi ?
Mon père a eu des mots durs envers moi, des mots que je ne répéterai pas. Il m’a dit qu’il fallait que je consulte des médecins, qu’il connaissait des gens qui étaient passés par là, mais qui aujourd’hui ont des enfants et une femme. Mes parents ont plus de 60 ans, je ne vais pas les changer.
Vous en parlez en famille ?
Non, on évite le sujet. On vit en bonne intelligence et, aujourd’hui, nos rapports sont presque normaux, bien que mon activisme continue de les déranger.
Vous habitez chez vos parents ?
Non, je n’habite plus avec eux. Je suis indépendant depuis quelques années déjà.
Pourriez-vous vivre au Maroc aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. Je suis marocain, je me sens bien quand je suis au bled. Je n’ai pas peur, je connais les avantages et les inconvénients de mon pays.
N’avez-vous jamais regretté de vous être lancé dans le militantisme gay ?
Jamais. Il m’arrive d’être triste, de ressasser pas mal de choses, mais j’en parle à mes amis, qui me remontent le moral. Ça me permet de ne pas péter les plombs.
Vous êtes fan de foot ?
Oui, j’aime beaucoup ça, j’ai usé mes chaussures quand j’étais à l’école en taquinant la balle.
Vous encouragez quelle équipe ?
L’Allemagne, parce que mon boyfriend est allemand.
Combien de membres compte Kif-Kif ?
Nous avons 3000 membres actifs au Maroc et 250 personnes qui payent leur cotisation.
Vous affirmez que le taux de suicide chez les gays est de 20% et que plus de 5000 homosexuels auraient purgé des peines de prison depuis l'indépendance du Maroc. D’où tenez-vous ces chiffres ?
Nous avons mené une étude auprès de 100 gays au Maroc, dans les grandes villes. C’est de là que nous avons tiré ces statistiques. Concernant le nombre d’homos interpellés depuis 1956, nous avons compilé des données d’ONG sérieuses.
Pourquoi utilisez-vous le terme mithly en arabe pour dire homo ?
Parce que, sinon, on dit “chad jinsi”, qui est un horrible jugement de valeur, comme si les homos étaient des moitiés d’homme.
La pire chose qui vous soit arrivée ?
Il y en a tellement, je ne sais pas par où commencer ! En fait, je vais vous raconter une des choses qui m’ont fait le plus de mal. C’était à Tanger, dans une boîte de nuit où les gays ont l’habitude de se retrouver. Un homme me fixait, je l’ai regardé pendant un moment. Soudain, il s’est approché de moi, m’a traité de tous les noms, puis m’a lancé : “Pourquoi tu me regardes comme ça, espèce de…”. Je vous épargne la suite. Tous mes amis étaient là, je me suis vraiment senti humilié.
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Mon coming out. Car, auparavant, je menais une double vie. Mais ce jour-là, je me suis enfin débarrassé d’un poids, je me suis senti léger, libre, nouveau…

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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
Je crains que nous ne puissions nous offrir le luxe de ne plus parler de Kif-kif, de Mithly et de gaymaroc, et que cela ne fasse même que commencer ! D’abord parce qu’ils ont de facto une position quasiment hégémonique de représentativité des LGBT du Maroc, due à leur volonté de visibilité et à leur action, mais aussi au fait que les média leur donnent cette visibilité hégémonique en ne cherchant pas à explorer plus avant la diversité de ceux qui s’intéressent à la question gay, diversité à laquelle nous avons tout de même modestement le sentiment de contribuer depuis plus de trois ans !
Juste un exemple : nous avons déjà eu deux occasions de contacter TelQuel en tant que forum de réflexion sur la question LGBT au Maroc et ils nous ont ignorés superbement ! (Je m’empresse d’ajouter que ce n’est pas pour autant que je retire mon estime à TelQuel, que j’ai eu l’occasion d’exprimer personnellement à A. R. Benchemsi, dont les positions sur les questions LGBT sont exemplaires et profondément sympathiques. Nous les citons souvent ici avec gratitude, et nous espérons continuer à le faire longtemps.) Mais l’explication est simple : ils tiennent une « figure héroïque », prétendument représentative, suffisamment « communicante » et « médiatique», et cela leur suffit. On assiste là à une « perversion » typique du journalisme.
Il faut aussi continuer de parler de Kif-kif pour une raison qui découle de la première et qui est que, fort de cette représentativité hégémonique, ce mouvement, et surtout son fondateur et porte-parole Samir BARGACHI, diffusent dans l’espace médiatique une image très particulière, et surtout très contestable car incomplète et donc fausse, des LGBT du Maroc, c’est à dire de nous : ce qui nous donne le droit, et même le devoir, d’analyser ce qui est dit de nous, et de réagir.
C’est particulièrement flagrant dans l’interview donnée par BARGACHI à TelQuel il y a quinze jours. BARGACHI y donne sa vision des LGBT du Maroc, au fond très personnelle et marquée par ses a priori, qui n’a parfois pas grand chose à voir avec la réalité : Ouzoud a raison de suggérer que la réalité marocaine vue depuis Madrid a des chances de n’être pas la réalité, ni toute la réalité. En conséquence l’image qu’il donne des LGBT du Maroc finit par être très différente de ce qu’ils/elles sont et veulent être.
Ainsi, lorsque BARGACHI déclare péremptoirement « Les homos ne vivent plus dans la peur », il se trompe et trompe tout son monde, en ignorant superbement la réalité au profit de ses a priori.
Il ne fait aucune analyse de cette notion et de cette réalité pourtant (et malheureusement !) essentielle qui est actuellement pratiquée chez nous : l’homophobie d’état. Il oublie de nous rappeler, et de rappeler à tous les lecteurs de TelQuel, que, en ce moment même, la répression de l’homosexualité est à l’ordre du jour (à la fois pour le gouvernement et pour son opposition islamiste : l’ennemi est double !), et que cette répression fait officiellement partie de la mission de la force publique, police et gendarmerie.
Alors disons le à sa place : les homos marocains ont peur, et ils ont raison d’avoir peur.
Non seulement de leur police et de leur gendarmerie, mais aussi, et peut-être surtout, de la pire des polices qui soient : une société tout entière archaïque, patriarcale, machiste et homophobe ! De cela, BARGACHI, qui au fond ne parle quasiment que de lui-même, ne souffle pas un mot, et c’est un oubli scandaleux (même s’il faut reconnaître que l’« Interrogatoire » de TelQuel vise surtout à mettre en lumière une personne et un individu).
Et si Kif-kif veut être conforme à sa raison d’être et à la mission qu’il prétend s’être donnée, il doit analyser, profondément, complètement et sérieusement, les raisons de cette peur et réfléchir aux moyens de lui tordre le cou. Et pour cela, je suis bien persuadé que les apparitions et autres actions médiatiques de son « leader » seront bien loin de suffire.
Toujours à propos de cette image des LGBT que véhicule BARGACHI à l’occasion de ses apparitions médiatiques, je voudrais vous poser franchement la question : y a-t-il parmi vous, et dans la population LGBT au Maroc, beaucoup d’homos qui se reconnaissent dans cette image de « jeunes homos » tels qu’il les évoque, répondant à la question des policiers « Oui, je suis homo, et alors ?! » ?
Je suis désolé, mais l’évocation de cette scène me suggère irrésistiblement… une rafle sur le trottoir. Je reconnais que je vous exprime ici un sentiment tout personnel, mais il y a dans cette image des homos du Maroc quelque chose de caricatural, qui me gêne profondément, qui me semble inacceptable, et à quoi je n’adhère pas. Peut-être parce que cette attitude ressemble plus à de la provocation qu’à la véritable fierté dont nous avons besoin ?
Et soyons sérieux. Je vous repose une question franchement : y en a-t-il beaucoup parmi vous qui seraient assez inconscient(e)s pour faire une telle réponse à un interrogatoire policier ?! Et aussi cette question : croyez-vous qu’il est sérieux, responsable, à travers une telle déclaration, d’inciter des homos, jeunes ou non, à faire cette réponse si jamais, par malheur, ils étaient amenés à avoir à être interrogés par la police ou la gendarmerie ?! Car n’oublions pas que, si ces déclarations doivent être rapportées sur un procès-verbal, elles constituent la reconnaissance suicidaire de ce qui est un délit puni par la loi ! En conséquence de quoi, je me permets de vous avertir que je trouve les conseils de Samir BARGACHI tout à fait dangereux.
Il me semble que, si on cesse de confondre provocation et fierté, dignité, la réponse à faire à un quelconque agent d’autorité qui aurait l’impudence de nous demander si nous sommes homos, n’est pas un « Oui, et alors ?! » finalement très vulgaire, mais une réponse plus conforme au courage, à la dignité et au respect que nous revendiquons : « Désolé Monsieur, mais cette question est indécente, elle se réfère à ma vie intime, et ceci ne vous regarde pas. »
Ce que, en la circonstance, Samir BARGACHI propose non seulement au public, mais aussi aux homos eux-mêmes c’est, d’une part, une image distordue et, d’autre part, un discours irresponsable et potentiellement dangereux.
Juste un exemple : nous avons déjà eu deux occasions de contacter TelQuel en tant que forum de réflexion sur la question LGBT au Maroc et ils nous ont ignorés superbement ! (Je m’empresse d’ajouter que ce n’est pas pour autant que je retire mon estime à TelQuel, que j’ai eu l’occasion d’exprimer personnellement à A. R. Benchemsi, dont les positions sur les questions LGBT sont exemplaires et profondément sympathiques. Nous les citons souvent ici avec gratitude, et nous espérons continuer à le faire longtemps.) Mais l’explication est simple : ils tiennent une « figure héroïque », prétendument représentative, suffisamment « communicante » et « médiatique», et cela leur suffit. On assiste là à une « perversion » typique du journalisme.
Il faut aussi continuer de parler de Kif-kif pour une raison qui découle de la première et qui est que, fort de cette représentativité hégémonique, ce mouvement, et surtout son fondateur et porte-parole Samir BARGACHI, diffusent dans l’espace médiatique une image très particulière, et surtout très contestable car incomplète et donc fausse, des LGBT du Maroc, c’est à dire de nous : ce qui nous donne le droit, et même le devoir, d’analyser ce qui est dit de nous, et de réagir.
C’est particulièrement flagrant dans l’interview donnée par BARGACHI à TelQuel il y a quinze jours. BARGACHI y donne sa vision des LGBT du Maroc, au fond très personnelle et marquée par ses a priori, qui n’a parfois pas grand chose à voir avec la réalité : Ouzoud a raison de suggérer que la réalité marocaine vue depuis Madrid a des chances de n’être pas la réalité, ni toute la réalité. En conséquence l’image qu’il donne des LGBT du Maroc finit par être très différente de ce qu’ils/elles sont et veulent être.
Ainsi, lorsque BARGACHI déclare péremptoirement « Les homos ne vivent plus dans la peur », il se trompe et trompe tout son monde, en ignorant superbement la réalité au profit de ses a priori.
Il ne fait aucune analyse de cette notion et de cette réalité pourtant (et malheureusement !) essentielle qui est actuellement pratiquée chez nous : l’homophobie d’état. Il oublie de nous rappeler, et de rappeler à tous les lecteurs de TelQuel, que, en ce moment même, la répression de l’homosexualité est à l’ordre du jour (à la fois pour le gouvernement et pour son opposition islamiste : l’ennemi est double !), et que cette répression fait officiellement partie de la mission de la force publique, police et gendarmerie.
Alors disons le à sa place : les homos marocains ont peur, et ils ont raison d’avoir peur.
Non seulement de leur police et de leur gendarmerie, mais aussi, et peut-être surtout, de la pire des polices qui soient : une société tout entière archaïque, patriarcale, machiste et homophobe ! De cela, BARGACHI, qui au fond ne parle quasiment que de lui-même, ne souffle pas un mot, et c’est un oubli scandaleux (même s’il faut reconnaître que l’« Interrogatoire » de TelQuel vise surtout à mettre en lumière une personne et un individu).
Et si Kif-kif veut être conforme à sa raison d’être et à la mission qu’il prétend s’être donnée, il doit analyser, profondément, complètement et sérieusement, les raisons de cette peur et réfléchir aux moyens de lui tordre le cou. Et pour cela, je suis bien persuadé que les apparitions et autres actions médiatiques de son « leader » seront bien loin de suffire.
Toujours à propos de cette image des LGBT que véhicule BARGACHI à l’occasion de ses apparitions médiatiques, je voudrais vous poser franchement la question : y a-t-il parmi vous, et dans la population LGBT au Maroc, beaucoup d’homos qui se reconnaissent dans cette image de « jeunes homos » tels qu’il les évoque, répondant à la question des policiers « Oui, je suis homo, et alors ?! » ?
Je suis désolé, mais l’évocation de cette scène me suggère irrésistiblement… une rafle sur le trottoir. Je reconnais que je vous exprime ici un sentiment tout personnel, mais il y a dans cette image des homos du Maroc quelque chose de caricatural, qui me gêne profondément, qui me semble inacceptable, et à quoi je n’adhère pas. Peut-être parce que cette attitude ressemble plus à de la provocation qu’à la véritable fierté dont nous avons besoin ?
Et soyons sérieux. Je vous repose une question franchement : y en a-t-il beaucoup parmi vous qui seraient assez inconscient(e)s pour faire une telle réponse à un interrogatoire policier ?! Et aussi cette question : croyez-vous qu’il est sérieux, responsable, à travers une telle déclaration, d’inciter des homos, jeunes ou non, à faire cette réponse si jamais, par malheur, ils étaient amenés à avoir à être interrogés par la police ou la gendarmerie ?! Car n’oublions pas que, si ces déclarations doivent être rapportées sur un procès-verbal, elles constituent la reconnaissance suicidaire de ce qui est un délit puni par la loi ! En conséquence de quoi, je me permets de vous avertir que je trouve les conseils de Samir BARGACHI tout à fait dangereux.
Il me semble que, si on cesse de confondre provocation et fierté, dignité, la réponse à faire à un quelconque agent d’autorité qui aurait l’impudence de nous demander si nous sommes homos, n’est pas un « Oui, et alors ?! » finalement très vulgaire, mais une réponse plus conforme au courage, à la dignité et au respect que nous revendiquons : « Désolé Monsieur, mais cette question est indécente, elle se réfère à ma vie intime, et ceci ne vous regarde pas. »
Ce que, en la circonstance, Samir BARGACHI propose non seulement au public, mais aussi aux homos eux-mêmes c’est, d’une part, une image distordue et, d’autre part, un discours irresponsable et potentiellement dangereux.

Stonewall- Accro

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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
Je crois que si on parle tant de Kifkif (Même dans ce forum, curieusement les sujets en rapport avec Kifkif sont généralement populaires…) est que ce groupe a fait des choses que personne d'autre pourrait faire. Je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses qu'ils font, mais il faut reconnaître que la Communauté LGBT au Maroc est beaucoup plus visible depuis qu'il existe Kifkif.
Je ne pense pas que ce groupe prétend dominer la représentativité de la Communauté LGBT au Maroc. Kifkif apparaît dans les médias parce qu'il ya des gens qui n'ont pas peur de montrer leur visage (voir le reportage France24 sur le Mag Mithly, par exemple).
Rachid Bergachi, largement critiqué pour cela (par les fondamentalistes et je vois même par des personnes gais) est parmi les quelques marocains qui ont donné la face et ont défendu à la Communauté de manière ouverte et claire.
Je ne pense pas que ce groupe prétend dominer la représentativité de la Communauté LGBT au Maroc. Kifkif apparaît dans les médias parce qu'il ya des gens qui n'ont pas peur de montrer leur visage (voir le reportage France24 sur le Mag Mithly, par exemple).
Rachid Bergachi, largement critiqué pour cela (par les fondamentalistes et je vois même par des personnes gais) est parmi les quelques marocains qui ont donné la face et ont défendu à la Communauté de manière ouverte et claire.
superzn-

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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
Je pense (mais ça reste mon avis) qu'il faut à un moment dissocier les gays des lesbiennes dans ce pays, de même qu'il faut dissocier la place de la femme de celle de l'homme dans la société marocaine. S'il y a activisme à faire en matière de défense LGBT au Maroc il y a en amont un travail important à faire auprès des femmes au niveau de leurs schémas reproductifs culturels (épouse, mère, belle mère, grand mère) et de leurs place au sein de la société marocaine, même si celle-ci évolue beaucoup - et plus particulièrement dans les grandes villes - ces dernières années...
C'est pourquoi je trouve que nonobstant le courage et l'importance des actions faites par kifkif, ces derniers n'incluent en rien ou peu, ou encore mal la situation des femmes.
Mais la reconnaissance du lesbianisme doit passer par un travail féministe respectant la culture tout en la faisant évoluer... Step by step...
Je sais qu'on va me renvoyer à mon regard d'occidentale, mais si c'est le cas, j'aurai le plaisir de renvoyer mes détracteurs aux écrits de Fatema Mernissi, marocaine et sociologue, qui a écrit plusieurs ouvrages sur la condition de la femme berbère et marocaine dans son sens plus large et sur lesquels j'appuie mon avis, en sociologue que je suis aussi.
C'est pourquoi je trouve que nonobstant le courage et l'importance des actions faites par kifkif, ces derniers n'incluent en rien ou peu, ou encore mal la situation des femmes.
Mais la reconnaissance du lesbianisme doit passer par un travail féministe respectant la culture tout en la faisant évoluer... Step by step...
Je sais qu'on va me renvoyer à mon regard d'occidentale, mais si c'est le cas, j'aurai le plaisir de renvoyer mes détracteurs aux écrits de Fatema Mernissi, marocaine et sociologue, qui a écrit plusieurs ouvrages sur la condition de la femme berbère et marocaine dans son sens plus large et sur lesquels j'appuie mon avis, en sociologue que je suis aussi.

ouzoud- Novice

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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
Je suis d'accord avec Ouzoud, il faudrait davantage mettre en avant la "question" lesbienne, pour que les femmes ne soient pas de nouveau discriminer.
En ce qui concerne kif-kif, je pense que cette ogranisation a le mérite de jeter la lumière, d'une manière positive, sur la communauté homosexuelle marocaine. Je ne pense pas que l'on puisse reprocher à Samir BARGACHI de vivre en Espagne. Il lui serait, à mon sens, très difficile de vivre au Maroc. En revanche, je rejoins Stonewall pour le contredire quand ils affirment que les homosexuels ne vivent plus dans la peur au Maroc. J'en connais personnellement un certain nombre, et aucun, par exemple, n'ont fais leur coming-out.
En ce qui concerne kif-kif, je pense que cette ogranisation a le mérite de jeter la lumière, d'une manière positive, sur la communauté homosexuelle marocaine. Je ne pense pas que l'on puisse reprocher à Samir BARGACHI de vivre en Espagne. Il lui serait, à mon sens, très difficile de vivre au Maroc. En revanche, je rejoins Stonewall pour le contredire quand ils affirment que les homosexuels ne vivent plus dans la peur au Maroc. J'en connais personnellement un certain nombre, et aucun, par exemple, n'ont fais leur coming-out.
raphael- Adepte

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Date d'inscription: 15/07/2006
Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
R.A.B sait très bien vendre son torchon
et use de tout les moyens pour le faire ... S.B quant à lui .. n'est qu'un poseur ... Je suis homo, je vis au Maroc et j'ai PEUR ... je doute de la sincérité de Mithly ..Menawafena et kif kif Maroc ..
Vous lisez un peu leurs articles ?
et use de tout les moyens pour le faire ... S.B quant à lui .. n'est qu'un poseur ... Je suis homo, je vis au Maroc et j'ai PEUR ... je doute de la sincérité de Mithly ..Menawafena et kif kif Maroc ..Vous lisez un peu leurs articles ?

pinksoda-

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Re: Du Côté de Mithly : l'interview de Samir BARGACHI à TelQuel
pinksoda a écrit:R.A.B sait très bien vendre son torchonet use de tout les moyens pour le faire ... S.B quant à lui .. n'est qu'un poseur ... Je suis homo, je vis au Maroc et j'ai PEUR ... je doute de la sincérité de Mithly ..Menawafena et kif kif Maroc ..
Vous lisez un peu leurs articles ?
j'ai peur parce que des personnes sans cervelle se sont permis de prendre la parole à notre place ... et que parce qu'on dit n'arrange pas la presse ce n'est jamais publié.
pinksoda-

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